Parle-moi de ton sport! • William Haeni, 21 ans, pratique la lutte suisse depuis l’âge de 9 ans. Un sport qui l’a attiré pour ses traditions et son authenticité.
«Je viens d’une famille de lutteurs. Mon papa a été entraîneur pendant plus de vingt ans. Quand j’étais petit, je l’accompagnais au local et je jouais dans la sciure. Mais j’ai réellement commencé les fêtes de lutte à neuf ans.
»Les racines de la lutte sont difficiles à dater. Sur des peintures du treizième siècle, on voit des bergers combattre. A la base, c’est un sport alpestre. Plus tard, il a été amené en ville par des professeurs de sport. Il y a un reste de ces origines, car certains lutteurs s’habillent en bergers, pantalons foncés et chemise claire. Les lutteurs des villes sont quant à eux entièrement vêtus de blanc. Chacun choisit son habillement. Moi je lutte en berger.
»Actuellement, une saison de lutte commence avec les premières fêtes en salle, vers le mois de mars, et se termine en septembre. On distingue plusieurs types de fêtes de lutte. Lors des régionales, il n’y a pas de distinction à la clé. Les fêtes d’associations, fêtes cantonales, représentent un plus grand enjeu car des couronnes sont à gagner. Les plus prestigieuses sont les fêtes alpestres, comme la Fête du Lac-Noir en Romandie. Moi, j’ai gagné ma première couronne en 2009: c’était mon premier bon résultat chez les actifs. J’en ai refait une à la fête romande l’année passée.
»Le fair-play est au centre de la lutte. J’ai rarement vu des gestes antisportifs. Au début d’une passe, on se serre la main pour annoncer un combat franc, dans les règles de l’art. A la fin, le gagnant essuie les épaules du perdant pour lui enlever la sciure. C’est un signe de respect. On ne laisse pas la marque de la défaite sur son adversaire. Comme beaucoup de sport, la lutte est une bonne école de vie. En principe, avant de gagner on doit apprendre à perdre. Selon moi, c’est valable aussi dans la vie de tous les jours. Et puis c’est un sport très complet. On travaille la force et l’endurance. Tout notre corps est en action, mais notre tête aussi. Le mental est très important.
»J’ai encore beaucoup à apprendre. Techniquement, il y a beaucoup à améliorer. Et mentalement, j’aimerais mieux gérer la pression. La condition physique se travaille en hiver. L’été, on se concentre plus sur les combats. Et c’est là que tout entre en jeu. La lutte est vraiment un beau sport, préservé de la corruption. Un sport pour le sport.» I
véronique johner // http://www.laliberte.ch/jeunes/la-lutte-depere-en-fils |